Quoique Fontenelle se défende de s'être fondé sur un modèle bien réel et parle dans sa préface d'une « marquise imaginaire », la tradition depuis l'époque de la première parution de l'ouvrage a vu dans la Marquise de G. nulle autre que la Marquise de la Mésangère (1658-1714). Fontenelle avait rencontré cette dernière chez Mme de la Sablière avant d'être reçu chez celle-ci à Rouen. Née Marguerite Rambouillet, elle épouse Guillaume Scott de la Mésangère, conseiller au parlement de Rouen, puis devient veuve à 24 ans.
Fontenelle lui rend visite dès lors à plusieurs reprises dans son château de la Mésangère, sis dans la campagne normande. Ils y parlent littérature lors de longues promenades dans le parc du château. Sans doute finit-il par éprouver quelques tendres sentiments à l'égard de cette jeune veuve éplorée, qui demeureront a priori à sens unique.
Un biographe de Fontenelle, Arsène Houssaye, dans Monsieur de Fontenelle, indique même que le poète aurait gravé sur les arbres du parc les vers suivants en hommage à la Marquise : « Lycidas est si tendre, et Climène est si belle. Qu'adviendra-t-il, hélas... Amour, fais-lui la guerre, à ce cœur de rocher. » Femme du monde et salonnière ayant rassemblé autour d'elle les plus beaux esprits de son temps, parmi lesquels on peut citer Racine, La Fontaine, Gassendi ou la Marquise de Sévigné, Marguerite Hessein s'éteint en 1693 à l'âge de 52 ans.
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